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INTERVIEW QINGYANG TIAN

Rencontre avec Qingyang Tian, d’origine chinoise et installée en France depuis 14 ans. Après un MBA « Luxury Brand Management, Food and Wine », la jeune femme a travaillé chez Artcurial, puis chez Caves Legrand Filles et Fils, à Paris. Elle a récemment créé sa propre entreprise, Jiali, spécialisée dans la commercialisation de vins français en Chine.

Comment vous est venue votre passion pour le vin ?

Ce n’est pas moi qui ai choisi le vin, c’est le vin qui m’a choisie. Avant de travailler dans ce domaine, je ne buvais pas vraiment. C’est en trouvant mon stage dans la maison de ventes aux enchères Artcurial, pour clore mon MBA, que tout a commencé. Le département Vins fins et spiritueux m’a fait rêver. J’ai découvert qu’il y avait beaucoup à apprendre et à partager autour du vin. Chaque vigneron, chaque vinificateur s’exprime à travers sa production. Même s’il y a des règles et des méthodes, la dégustation d’un vin éclaire beaucoup sur la personnalité de son producteur.

Comment dénichez-vous les vins que vous souhaitez commercialiser ?

Je vais régulièrement à la rencontre de producteurs, grâce aux salons et aux évènements dédiés. J’ai récemment été passer quelques jours en Bourgogne, pour réaliser une vidéo promotionnelle au domaine de la Denante, et visiter le domaine de Jean-Baptiste Boudier, dont je venais de découvrir la production. Mon réseau, aussi, me permet de faire de nouvelles rencontres. A chaque fois, je choisis avant tout la qualité, de jeunes vinificateurs passionnés et des vins avec une identité marquée.

Quelles sont les attentes de vos clients, en Chine ?

La Chine est vaste, les attentes dépendent des provinces, qui ont chacune des traditions culinaires différentes. A Shenzen, les gens boivent du vin jusqu’en boîte de nuit – du rouge, souvent du vin australien… Dans la province de Zhejiang, il y a beaucoup de spécialités de fruits de mer, parfaites avec du vin blanc, de Loire. La cuisine cantonaise – la plus raffinée selon moi – se marie bien avec le Bourgogne. Et dans le Nord-Est, d’où je suis originaire, la cuisine est plutôt salée et grasse, je conseille donc plutôt des vins qui ont du corps, du tanin, comme les Bordeaux Rive Gauche.

Quels sont vos meilleurs souvenirs de dégustation ?

Je garde un excellent souvenir d’une bouteille de Bonnes-Mares 1999, du domaine d’Auvenay. Ce vin avait un nez très expressif, comme un bouquet de roses. Il était très fin, très soyeux, très élégant… Nous l’avions commandé, avec des amis hong-kongais, lors d’un dîner au restaurant Louis XV d’Alain Ducasse à Monte-Carlo. Je me souviens également d’un Vieux Savagnin Ouillé de Pierre Overnoy, dont j’avais beaucoup entendu parler, et que j’ai fini par goûter en bonne compagnie au restaurant La Dilettante à Beaune. C’était la veille du confinement. Inoubliable !

Si je vous dis Malromé…

Je pense à deux vins dégustés récemment… Le Château Toulouse-Lautrec rouge, de 2016, présentait un très bon nez, floral, avec de la violette et des fruits rouges. Il était souple en bouche, soyeux, complexe, avec une belle longueur et une touche de graphite. Le Château Toulouse-Lautrec blanc, de 2018 démarrait avec un nez de fleurs d’acacia et de fruits – ananas, poire, pomme mûre. En bouche, il était rond, pulpeux, avec une belle fraîcheur en fin de bouche. Un bon souvenir de dégustation, qui m’a donné envie de découvrir le château d’Henri de Toulouse-Lautrec, d’autant que l’on m’a rapporté qu’il était magnifique et superbement rénové…

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