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MARIE ROGER, SOMMELIÈRE ET DIRECTRICE DU M WINE CLUB

Rencontre avec Marie Roger, sommelière. Après un parcours en restaurants étoilés, elle décide de proposer ses services à quelques clients privilégiés et crée un club privé : le M Wine Club.

Le vin tient une place importante dans votre vie. Comment est née cette passion ?
Depuis toute petite, j’ai toujours été attirée par le vin. Mes parents sont eux-mêmes amateurs. Très tôt, ils m’ont fait découvrir et déguster. Pour moi, le vin, c’est aussi l’idée du partage, des repas de famille ou des visites de caves pendant les vacances… Et cette passion m’a sauvée : moi qui n’aimais pas trop l’école, j’ai pu m’orienter vers la sommellerie, en passant par une école hôtelière à Paris, complétée d’un BTS en Bourgogne, puis d’une spécialisation, en alternance, à l’Atelier Robuchon. Dans ce deux étoiles à l’ambiance détendue, j’ai énormément appris : nous ouvrions beaucoup de bouteilles et nous goûtions tout. Il fallait à la fois contenter la clientèle de touristes, qui souhaitait des dégustations au verre, et les habitués, qui attendaient des conseils bâtis sur nos rencontres précédentes. Une expérience très formatrice !

Vous êtes finalement partie pour prendre la direction de la cave d’Helen, en 2011…
La promesse était belle : il s’agissait de l’ouverture d’un restaurant de poisson, avec un chef peu connu (Sébastien Carmona-Porto, ndlr) et pour lequel il fallait tout créer. L’objectif était que le restaurant devienne un club d’amateurs de poisson, réunis autour de souvenirs de voyages et de produits simples, mais parfaitement préparés. Nous avons commencé doucement, jusqu’à acquérir la belle notoriété actuelle du restaurant. Côté vins, j’ai élaboré une carte beaucoup influencée par l’Espagne et l’Italie, à l’image de la cuisine. Des vins parfaitement représentatifs de leurs terroirs, gustativement lisibles et, en même temps, travaillés avec respect, de la manière la plus naturelle possible.

Il y a un an, vous avez créé le M Wine Club. De quoi s’agit-il ?
Le M Wine Club est un club privé, qui me permet de proposer des services sur mesure à un nombre de membres limité. Je peux, par exemple, faire un audit de cave : souvent, les passionnés achètent du vin avec beaucoup d’enthousiasme, puis oublient, ou débouchent des bouteilles trop tôt ou trop tard. J’interviens pour les accompagner, donner de la cohérence à leur cave, voire organiser des trocs (anonymes) entre adhérents. Je peux aussi créer une cave éphémère sur un lieu de vacances, participer à des ventes aux enchères pour mes clients, réaliser des prestations de sommellerie sur mesure, pour un dîner, voire, travailler avec les restaurants pour choisir les vins que mes clients découvriront avec leurs plats… À terme, j’aimerais disposer d’un lieu pour organiser des dégustations, des rencontres avec des producteurs et des dîners thématiques autour de produits d’exception.

Vers quels vins vont vos préférences ?
J’adore les champagnes de vignerons, ils apportent de la complexité, du volume, de l’énergie. La Champagne, c’est l’art de l’assemblage et la jeune génération travaille des vins qui traversent les âges, avec des notes aromatiques très nobles. J’adore, aussi, les vins corses et ceux des chemins de Loire… De manière générale, les vins avec de la tension, de la salinité, une belle énergie, me plaisent car ils procurent de l’émotion.

Voudriez-vous nous raconter une dégustation qui vous a laissé un grand souvenir ?
Il s’agissait d’un champagne blanc de blancs Grand cru, cuvée minérale de Pascal Agrapart, millésime 2006. Une cuvée d’artisans vignerons, issue de deux parcelles de grands crus, à Avize et Cramant. Elles avaient été choisies pour leurs mêmes profils géologiques, très crayeux. Le vin en était une photographie parfaite et permettait de comprendre la dimension d’un cépage, le chardonnay, sur un type de terroir calcaire de la côte des blancs et sur le millésime 2006. C’était un vin tout en relief : d’abord une aromatique très noble, au nez de petits fruits jaunes, de tabac blond et d’agrumes. Puis, en bouche, beaucoup de matière, complexe, racée, avec une bulle fine et crémeuse. De beaux amers apparaissaient également en finale. J’ai eu la chance de déguster cette merveille avec des toasts à la poutargue et des oursins au naturel… Un moment suspendu.

Marie Roger a récemment dégusté les vins de Malromé. En voici son analyse.

Château Malromé blanc 2018
Il s’agit d’un assemblage de sémillon et de sauvignon. Le vin est ample, enrobant. Le premier nez rappelle l’aromatique mûre du sémillon et fait appel à la gourmandise avec des notes de fruits confits, de miel, de noisette, mais aussi des notes délicatement florales et épicées. Le sauvignon amène quant à lui fraîcheur et équilibre grâce à sa bonne acidité.
Le passage en fût de chêne permet d’accompagner le vin dans le temps et d’amener encore un peu plus de complexité.
Cette cuvée est idéale sur une terrine de foie gras ou en accompagnement d’une salade de homard bleu de Bretagne et asperges vertes.

Château Malromé rouge 2016
Le merlot lui confère un nez éclatant de fruits rouges et fruits noirs. Le vin est charnu, l’acidité et le boisé encore très marqués. Ils lui permettront de bien évoluer dans le temps.

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